Profil PRO - Versatile Records

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Versatile Records

A Propos

En 1998, Versatile était connue pour son downtempo abstract et sa (deep) house (filtrée). En 2008, chez Versatile on fait de l'italo-disco, du rock kraut et psyché, de l'acid-house, et on écrit des chansons avec des machines électroniques – en gros. Dix ans après la première compilation Versatile, c'est une sorte de miracle qui se réitère avec cette nouvelle compilation qui étonne et rassure. Qui en fait, rassure sur la capacité du label a nous étonner, tout en gardant ses qualités historiques, préservant cet espace de rencontre et terrain de jeu si spécial, entre érudition et naiveté, poésie et sens de l'humour. Versatile représente le cas rare d'un label qui aura réussit à se forger une identité en faisant primer les « coup de coeurs » sur un genre musical ; alors les modes passent, les vents tournent, et telle ou telle sortie bénéficie parfois d'un franc et large succès (c'était « Venus (Sunshine People) » de Cheek à l'époque, c'est le maxi d'Etienne Jaumet l'année dernière). Mais l'exigeance de Gilb'R,chef de la maison, reste intacte. Chez Versatile, on ne semble pas décider à s'embarquer vers un courant particulier et forcément éphémère. Chez Versatile, on n'en fait qu'à sa tête, et les artistes sortent les disques qui leur tiennent à coeur. Joakim, I:Cube ,Chateau Flight ou Zombie Zombie profitent d'une situation de confiance et, semble-t-il, d'une direction artistique active, qui leur permet d'aller vers la musique qui leur plaît, telle qu'elle est – c'est-à-dire encore une fois, originale, sauvage ou élégante, déconneuse ou mystique, singulière et synthèse d'un tas de choses. Et de faire de vrais beaux disques, comme ils sont peut-être de moins en moins possibles. Ce qui vibre dans la musique que sort Versatile, finalement, c'est la foi raisonnable dans de la belle musique toute nue, quel que soit l'outil et le format ; c'est le mot « underground » devenu bien mieux qu'un mythe pour adolescents (rebelles ou non) : la simple idée que la bonne musique mérite d'exister, même si elle ne correspond pas au marché contemporain. Lassé de la surabondance de « tracks » vite-faits mal fait, interchangeables et vite épuisés, on redécouvre notre patrimoine, les débuts américains de la dance-music, les expérimentations allemandes et françaises, populaires et savantes. A relire cette histoire, on a très vite, très soif de la suite. Bonne nouvelle : cette suite s'écrit ici, maintenant.

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